25 juin 2010

Braid, la convergence des attribues vidéoludiques

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Qu'est-ce qu'un jeu-vidéo ? Une question pas dont la réponse n'est pas si facile de prime abord. Pourtant, une réponse paraît dorénavant évidente : Braid. Rien n'est plus jeu-vidéo que la création de Jonathan Blow. Il définit au mieux les caractéristiques de notre médium et en donne toute la saveur. Tout ceci grâce à la convergence de multiples mécanismes qui, à la fin, montre tout leur potentiel.

Au début, rien ne laisse présager qu'il donnerait une telle claque à toute l'industrie. Simple jeu d'énigme plate-forme, où l'on dirige un avatar, nommé Tim. Il traverse cinq mondes découpés en niveau. Chacun se réussit avec la résolution d'une énigme qui se récompense par l'obtention d'un puzzle pour compléter le tableau du monde. Pour ce faire, Tim dispose d'un pouvoir qui lui permet de retourner en arrière, comme un magnétoscope. Ici, le tour de force de Jonathan Blow est de fournir une aventure jamais répétitive – il y a plus de quinze niveaux. Malgré des airs de déjà-vu de certains, leur résolution ne se ressemble pas. L'intérêt se renouvelle sans cesse à travers les cinq mondes, grâce, aussi, aux nouvelles capacités que Tim acquerra dans les derniers mondes – ralentissement, un double – et aux nouveautés de game design - ennemis insensible au temps. Braid, ceci dit, ne se contente pas d'offrir seulement un challenge intellectuel, il met à l'épreuve notre dextérité à plusieurs reprises. Après tout, comment ne le pourrait-il pas, quand Jonathan lance des clins d'œil à l'univers de Mario ?

Tim veut sauver sa princesse, comme le plombier de Nintendo. A première vue, Braid semble être une ré-interprétation singulière de Super Mario Bros, il en utilise certaines ficelles : les fleurs, les Gombas, les tuyaux vert et le drapeau qui flotte à la conclusion du monde. Manette en main, l'imitation cesse dès les premiers instants. Braid va plus loin que ses références, qu'une majorité de titres de l'industrie. La maturité de l'intrigue dépasse de loin celle des jeux de plate-forme. Il démontre qu'il est possible d'avoir une histoire intéressante dans un genre où elle sert souvent de prétexte – Mario, Jak And Dexter, Goemon. Il traite de l'amour dans le couple, bien loin des poncifs du jeu-vidéo. Pas d'histoire à l'eau de rose, où les attitudes et les histoires restent coincées à l'âge de l'adolescente. Il préfère interroger le joueur sur une question actuelle, qui nous préoccupe tous – la notion d'erreur . Braid dépeint une histoire triste qui se moque bien des happy-end mielleux et, surprend, car impossible à deviner.

Sans rentrer trop dans les détails, ce jeu indépendant mérite de rentrer dans l'histoire du jeu-vidéo. Peu peuvent se targuer de réussir aussi bien la convergence et la cohérence de leur univers. Son histoire, son univers et son gameplay se lient et s'unissent pour rendre le final si génial et si tragique à la fois. C'est ce lien fort qui explose à la face du joueur et le sonne un moment. Dès lors, vous commencez à comprendre toutes les imbrications et tout s'éclaircit pour donner un nouveau sens à ce gigantesque puzzle convergent, avec aucun autre mot qu'une bouche grande ouverte remplie de silence.

Fate

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